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Nidhal El Hani
Nidhal El Hani Rédacteur ProTunisie
Rédacteur des différents services de ProTunisie
Dossier : Hydrogène vert & transition énergétique en Tunisie Contact LinkedIn Info Vérifiée
Suivi des projets d'hydrogène vert (ACWA Power, H2 Notos, corridor SoutH2) et de la coopération énergétique Tunisie-UE.
8 min de lecture
Publié le 5 Août 2026

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Écoutez en moins de deux minutes l'essentiel de la stratégie tunisienne sur l'hydrogène vert : objectifs, projets phares et enjeux face à l'Europe.

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La Tunisie s'est dotée en 2023 d'une stratégie nationale visant 8,3 millions de tonnes d'hydrogène vert par an d'ici 2050, dont environ 6 millions destinées à l'exportation vers l'Europe. Trois projets concentrent l'attention : le partenariat avec le groupe saoudien ACWA Power, qui pourrait atteindre 600 000 tonnes par an, le projet H2 Notos porté par TotalEnergies, Eren Group et Verbund, et une unité pilote d'ammoniac vert à Gabès tournée vers le marché local. Ces initiatives s'appuieraient en partie sur le futur corridor SoutH2, un pipeline de 3 300 kilomètres reliant l'Afrique du Nord à l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne. Le développement de la filière soulève toutefois des questions sur l'eau, les terres agricoles et l'acceptabilité sociale, notamment à Gabès.

L’hydrogène vert en Tunisie s’est imposé comme l’un des dossiers énergétiques les plus commentés du pays. Entre une stratégie nationale visant 8,3 millions de tonnes par an d’ici 2050 et des méga-projets adossés à des groupes internationaux, une question reste ouverte : ce secteur naissant est-il une véritable opportunité industrielle pour la Tunisie, ou un modèle d’exportation pensé pour sécuriser les approvisionnements de l’Europe ?

Définition : Qu’est-ce que l’hydrogène vert ?

L’hydrogène vert est un gaz obtenu par électrolyse de l’eau, qui sépare l’hydrogène (H2) et l’oxygène grâce à une électricité issue exclusivement d’énergies renouvelables (solaire, éolien). Il se distingue de l’hydrogène gris, produit à partir de gaz naturel, par une empreinte carbone quasi nulle, clé des transitions énergétiques et de l’économie bas carbone.

Quelle est la stratégie de la Tunisie concernant l’hydrogène vert ?

La Tunisie s’est dotée en 2023 d’une Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert et de ses dérivés, élaborée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec l’appui de la coopération allemande. Elle vise une production annuelle de 8,3 millions de tonnes d’ici 2050, dont environ 6 millions destinées à l’exportation.

Ce document, publié par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a été élaboré avec la GIZ allemande dans le cadre du projet H2Vert.TUN, et s’inscrit dans la Stratégie énergétique 2035, selon le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle combine un volet local (ammoniac vert) et un volet export, présenté par les autorités comme moteur de financement du développement industriel.

Points clés à retenir concernant cette actualité

  • La Tunisie vise une production annuelle de 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés d’ici 2050, dont environ 6 millions destinées à l’exportation vers l’Europe, selon la Stratégie nationale publiée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, élaborée avec l’appui de la GIZ allemande.
  • Le groupe saoudien ACWA Power a signé un mémorandum d’entente le 27 mai 2024 pour un projet pouvant atteindre 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an à terme, avec 12 GW d’énergies renouvelables associées, selon La Presse de Tunisie.
  • Le projet H2 Notos, porté par TotalEnergies, Eren Group et Verbund, vise une exportation de 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an dès 2030 via pipeline, selon H2-Mobile.
  • Une unité pilote d’ammoniac vert est prévue à Gabès, avec un parc solaire de 8 MW et une capacité initiale d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an destinés au marché local, selon Kapitalis.
  • Le futur corridor SoutH2, un pipeline de 3 300 km reliant l’Afrique du Nord à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, doit permettre à l’UE d’importer jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030, selon le Portail de l’Intelligence Économique.
  • Le projet de Gabès a suscité une mobilisation citoyenne locale en raison de son adossement au Groupe chimique tunisien, déjà source de pollution industrielle contestée, selon Nawaat.
  • Le calendrier réel de montée en puissance des projets ACWA Power et H2 Notos, ainsi que leurs montants d’investissement définitifs, restent à confirmer par des communiqués officiels ultérieurs — les montants pour H2 Notos et pour l’unité de Gabès sont à ce stade [DONNÉE À VÉRIFIER — source manquante].

Navigation : ressources complémentaires sur l'hydrogène vert en Tunisie

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Pourquoi le corridor SoutH2 est-il stratégique pour la Tunisie ?

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1. L’hydrogène vert tunisien vise-t-il d’abord l’industrie locale ou l’exportation vers l’Europe ?

Sur les 8,3 millions de tonnes visées d’ici 2050, environ 75 % sont destinées au marché européen, contre 25 % pour l’impact local. Les trois projets les plus avancés confirment cette asymétrie : deux mégaprojets export, une seule unité pilote pour le marché intérieur.

Cette répartition alimente le débat sur la transition non extractiviste. Une analyse du Transnational Institute estime que la stratégie répond en priorité à la décarbonation de l’UE, la Tunisie fournissant eau, terre et ensoleillement pendant que l’Europe capte la valeur ajoutée via ses fabricants d’électrolyseurs. Les autorités présentent au contraire l’exportation comme le levier de financement du marché local l’ammoniac de Gabès étant destiné à l’agriculture décarbonée nationale.

2. Quels sont les atouts naturels, techniques et logistiques de la Tunisie pour ce secteur ?

La Tunisie combine fort ensoleillement, vents réguliers au Sud, façade méditerranéenne propice au dessalement de l’eau de mer, et proximité directe avec l’Italie, un atout logistique rare pour l’exportation d’énergie.

Le pays dispose d’un savoir-faire en solaire photovoltaïque et d’infrastructures gazières historiques (gazoduc TransMed Algérie-Italie via la Tunisie), en partie réutilisables, selon Webdo. Le corridor SoutH2, un projet de corridors énergétiques de 3 300 km vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, s’appuierait à plus de 65 % sur des gazoducs reconvertis, selon SeaCorridor.

3. Quels sont les principaux projets d’hydrogène vert en cours ou prévus en Tunisie ?

Trois projets structurent l’écosystème de l’hydrogène tunisien : le partenariat avec ACWA Power, le projet H2 Notos porté par TotalEnergies, Eren Group et Verbund, et une unité pilote d’ammoniac vert à Gabès tournée vers le marché local.

ProjetPartenairesCapacité cible
Groupe ACWA PowerGroupe saoudien ACWA Power200 000 t H2/an (phase 1), jusqu'à 600 000 t/an à terme, 12 GW d'énergies renouvelables
H2 NotosTotalEnergies, Eren Group, Verbund, TE H2200 000 t H2/an visées pour 2030, échelle gigawatt
Projet pilote à GabèsGroupe chimique tunisien (GCT)Environ 220 t H2 et 630 t d'ammoniac vert par an ; parc solaire de 8 MW

Selon La Presse de Tunisie et Kapitalis.

Le mémorandum ACWA Power a été signé le 27 mai 2024, selon La Presse de Tunisie. H2 Notos s’appuiera sur des électrolyseurs alimentés par solaire et éolien terrestre dans le Sud, avec un objectif d’export dès 2030, selon H2-Mobile. Ces projets intégrés associent renouvelable, capacité d’électrolyse, dessalement et export au sein d’une même chaîne de valeur.

4. Quels sont les défis à relever pour la Tunisie ?

Les principaux obstacles concernent les infrastructures hydriques, le financement, la disponibilité des terres et l’acceptabilité sociale. Le pays, déjà en stress hydrique, doit mobiliser d’importants volumes d’eau dessalée pour l’électrolyse.

Le projet de Gabès illustre ces tensions : son adossement au Groupe chimique tunisien, déjà source de pollution contestée, a suscité une mobilisation citoyenne, selon Nawaat. La part du solaire dans l’électricité tunisienne ne représentait que 4 % en 2023, selon BloombergNEF cité par Kapitalis, loin des volumes requis à l’export. Le financement reste conditionné à la stabilité politique et au cadre réglementaire des défis géopolitiques majeurs.

Conseil Expert, ProTunisie« Un investisseur doit distinguer deux échelles de temps : les protocoles d’accord, signés rapidement, et la mise en production réelle, qui suppose des années d’ingénierie et de financement. En 2026, aucun des trois projets phares n’a atteint sa pleine capacité annoncée. »

5. Quels sont les enjeux pour l’Europe et son intérêt à importer l’hydrogène vert tunisien ?

Pour l’UE, l’hydrogène vert nord-africain répond à un double objectif : réduire la dépendance aux hydrocarbures russes et tenir les engagements du Pacte vert pour l’Europe. La Tunisie, proche de l’Italie, occupe une position stratégique.

Le programme REPowerEU fixe un objectif de 10 millions de tonnes d’hydrogène importées d’ici 2030, une poussée du marché européen qui explique l’intérêt de Berlin, Rome et Vienne pour les corridors énergétiques nord-africains. Le corridor SoutH2, inscrit parmi les projets d’intérêt commun de la Commission européenne, doit permettre d’importer jusqu’à 4 millions de tonnes par an d’ici 2030 depuis l’Algérie et la Tunisie, selon le Portail de l’Intelligence Économique. Il s’agit pour l’UE de sécuriser les approvisionnements de secteurs énergivores comme la sidérurgie, en cohérence avec l’accord sur le climat de Paris.

6. Quels impacts pour l’industrie, l’économie et le développement durable tunisien ?

À court terme, l’impact local reste modeste : le seul projet orienté vers le marché intérieur, la pilote de Gabès, ne représente qu’environ 220 tonnes par an, contre 800 000 tonnes cumulées visées à l’export.

Les retombées attendues : emplois dans la construction et la maintenance, filière d’ammoniac vert pour réduire les importations d’engrais, et investissements énergétiques étrangers massifs. Mais ces projets interrogent aussi le développement durable du pays : terres mobilisées, pression sur l’eau, et risque que la valeur ajoutée (fabrication des électrolyseurs) reste européenne.

  • Stratégie nationale : 8,3 Mt/an visées d’ici 2050, dont ~6 Mt à l’export.
  • Trois projets phares : ACWA Power (600 000 t/an), H2 Notos (200 000 t/an pour 2030), pilote de Gabès (220 t/an, local).
  • Levier européen : corridor SoutH2, jusqu’à 4 Mt/an importées d’ici 2030.
  • Risques : stress hydrique, foncier agricole, acceptabilité sociale, dépendance technologique.
  • Partenaire clé : la GIZ allemande, à l’origine de la stratégie de 2023.

7. Quelles collaborations existent entre la Tunisie et l’Union européenne pour l’hydrogène vert ?

La coopération s’articule autour de trois axes : l’appui de la GIZ allemande à la stratégie nationale, les partenariats avec l’Europe noués par TotalEnergies et Verbund, et le classement du corridor SoutH2 parmi les projets d’intérêt commun de l’UE.

En janvier 2025, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche ont signé à Rome une déclaration d’intention commune pour accélérer le cadre juridique du corridor SoutH2, selon Kapitalis. Le protocole d’accord entre la Tunisie, TotalEnergies et Verbund pour H2 Notos illustre également cette dynamique de partenariats internationaux, présentée par TE H2 comme l’aboutissement de plusieurs mois de négociations, selon Businesswire.

Hydrogène vert en Tunisie opportunité industrielle ou modèle d'exportation

Les orientations de la stratégie tunisienne pour l’hydrogène vert

Le schéma ci-dessous présente les principaux axes de la stratégie nationale de développement de l’hydrogène vert en Tunisie : un objectif de production annuelle de 8,3 millions de tonnes à l’horizon 2050, dont environ 6 millions de tonnes seraient destinées à l’exportation, ainsi qu’un volet local consacré au développement de l’ammoniac vert pour répondre aux besoins du marché intérieur.

FAQ 

Qu'est-ce que le corridor SoutH2 ?

Le corridor SoutH2 est un pipeline de 3 300 à 4 000 km destiné à transporter de l’hydrogène vert d’Algérie et de Tunisie vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Il vise 4 millions de tonnes importées par an d’ici 2030 et figure parmi les projets d’intérêt commun de la Commission européenne.

Pourquoi l'Europe s'intéresse-t-elle à l'hydrogène vert tunisien ?

L’Europe cherche à diversifier ses sources d’énergie après la crise du gaz russe et à tenir ses objectifs de décarbonation fixés par le Pacte vert et REPowerEU. La proximité de la Tunisie avec l’Italie et son fort potentiel solaire en font un partenaire avantageux pour sécuriser ses approvisionnements en hydrogène renouvelable.

Quels sont les risques environnementaux liés à l'hydrogène vert en Tunisie ?

Les principaux risques concernent la pression sur les ressources en eau, nécessaires au dessalement pour l’électrolyse dans un pays déjà en stress hydrique, ainsi que la mobilisation de terres agricoles. Le projet pilote de Gabès a suscité des inquiétudes locales liées à la pollution industrielle existante.

Quels sont les principaux projets d'hydrogène vert en Tunisie ?

Trois projets concentrent l’attention : ACWA Power (jusqu’à 600 000 tonnes par an à terme, export), H2 Notos porté par TotalEnergies, Eren Group et Verbund (200 000 tonnes par an visées pour 2030, export), et une unité pilote d’ammoniac vert à Gabès destinée au marché intérieur.

Qui finance la stratégie hydrogène vert de la Tunisie ?

Le financement combine des investissements privés de groupes internationaux (ACWA Power, TotalEnergies, Verbund) et un appui institutionnel de bailleurs européens. La stratégie nationale a bénéficié de l’appui technique et financier de la coopération allemande (GIZ) via le projet H2Vert.TUN.

Sources et références

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