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Nidhal El Hani
Nidhal El Hani Rédacteur ProTunisie
Rédacteur des différents services de ProTunisie
Dossier : Transition énergétique & hydrogène vert en Tunisie Contact LinkedIn Info Vérifiée
Suivi des projets d'hydrogène vert (Acwa Power, H2 Notos, Gabès) et de la transition énergétique en Tunisie.
7 min de lecture
Publié le 5 Août 2026

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Écoutez en moins de deux minutes l'essentiel des projets Acwa Power, H2 Notos et Gabès : capacités annoncées, calendrier et enjeux pour la Tunisie.

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La Tunisie développe trois projets majeurs d'hydrogène vert. Le premier, porté par le groupe saoudien Acwa Power, vise environ deux cent mille tonnes par an à l'horizon deux mille trente, avec une capacité pouvant dépasser six cent mille tonnes à terme, destinées à l'exportation vers l'Europe. Le deuxième, H2 Notos, développé par TE H2 avec TotalEnergies, EREN Groupe et l'Autrichien Verbund, prévoit environ deux cent mille tonnes par an en première phase, avec une extension possible jusqu'à un million de tonnes. Le troisième projet, une unité pilote d'ammoniac vert à Gabès, cible environ deux cent vingt tonnes d'hydrogène et six cent trente tonnes d'ammoniac par an, destinées principalement au marché intérieur. Aucun de ces deux grands projets n'a encore atteint de décision finale d'investissement. La stratégie nationale tunisienne vise environ huit millions trois cent mille tonnes d'hydrogène vert et dérivés d'ici deux mille cinquante, dont une large part destinée à l'exportation via le corridor SoutH2 vers l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne.

L’hydrogène vert en Tunisie s’organise aujourd’hui autour de trois initiatives principales : le méga-projet d’exportation avec Acwa Power, le projet H2 Notos porté par TE H2 et Verbund, et l’unité pilote d’ammoniac vert à Gabès. Ensemble, ces projets d’infrastructure traduisent l’ambition tunisienne de devenir un maillon du marché européen de l’énergie propre, tout en soulevant des questions sur l’eau, le financement et l’impact environnemental.

Points clés à retenir concernant cette actualité

  • Trois projets structurent la production d’hydrogène vert en Tunisie : Acwa Power (jusqu’à 600 000 t/an à terme), H2 Notos (200 000 à 1 million de t/an) et le pilote d’ammoniac vert de Gabès (220 t H₂ et 630 t d’ammoniac/an).
  • Aucun des deux grands projets n’a encore atteint la décision finale d’investissement.
  • La Stratégie Nationale de l’Hydrogène vise 8,3 millions de tonnes produites d’ici 2050, dont environ 6 millions destinées à l’exportation vers l’Europe.
  • Le corridor SoutH2, long de 3 300 km, doit relier la Tunisie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
  • Les principaux défis identifiés concernent la consommation d’eau, le dessalement de l’eau de mer et l’impact environnemental à Gabès.

Définition : Qu’est-ce que l’hydrogène vert ? L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité issue d’énergies renouvelables (solaire, éolien), sans émission directe de CO₂. C’est cette production d’hydrogène vert qui distingue la filière des hydrogènes gris ou bleu, encore majoritairement issus du gaz naturel.

Navigation : ressources complémentaires sur l'hydrogène vert en Tunisie

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Comment comparer Acwa Power, H2 Notos et Gabès ?

Retrouvez le tableau comparatif des trois projets : capacités, porteurs, marché cible et statut d'avancement en 2026.

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Écoutez en moins de deux minutes l'essentiel des projets Acwa Power, H2 Notos et Gabès.

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1. Quels sont les principaux projets d’hydrogène vert en Tunisie ?

Trois projets concentrent aujourd’hui l’essentiel des annonces en Tunisie : les projets Acwa Power (groupe saoudien), le projet H2 Notos porté par la coentreprise TE H2 (TotalEnergies et EREN Groupe) avec l’Autrichien Verbund, et une unité pilote d’ammoniac vert à Gabès, adossée au Groupe Chimique Tunisien. Les deux premiers ciblent l’exportation ; le troisième vise le marché local (selon La Presse de Tunisie).

2. Acwa Power : quelle capacité de production vise ce projet ?

Le projet Acwa Power repose sur un modèle intégré associant production d’électricité renouvelable, électrolyse, dessalement de l’eau de mer et infrastructures de transport. Il prévoit une première phase d’environ 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an à l’horizon 2030, avec une capacité de production pouvant dépasser 600 000 tonnes annuelles à terme, en plusieurs phases.

Cette montée en puissance nécessiterait plusieurs gigawatts de nouvelles capacités en ressources solaires et ressources éoliennes (selon La Presse de Tunisie). Aucune décision finale d’investissement n’est communiquée à ce stade pour un calendrier officiel de DFI.

3. H2 Notos : quel calendrier vers le marché européen ?

H2 Notos vise une production d’hydrogène vert dans le Sud tunisien, avec une première phase d’environ 200 000 tonnes par an et une extension possible jusqu’à un million de tonnes annuelles. Le protocole d’accord avec l’État tunisien a été signé en mai 2024, mais le projet reste au stade des études techniques et financières.

Les investissements estimés varieraient entre 8 et 40 milliards d’euros selon la plateforme sectorielle Attaqa, citée par Kapitalis, une estimation préliminaire, non confirmée par les porteurs du projet à ce jour. L’ambition est d’intégrer H2 Notos au corridor SoutH2 pour atteindre le marché européen.

4. Gabès : à quoi sert l’unité pilote d’ammoniac vert ?

L’unité pilote d’ammoniac vert à Gabès répond à une logique différente : tester une chaîne industrielle locale plutôt que viser l’exportation massive. Elle associe un parc photovoltaïque de 8 mégawatts, une usine de dessalement, un électrolyseur et une unité de synthèse d’ammoniac, raccordée aux installations du Groupe Chimique Tunisien.

Sa capacité initiale annoncée est d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an, destinées principalement au marché intérieur, notamment pour l’industrie des engrais (selon Kapitalis).

5. Comment comparer les trois projets d’hydrogène vert tunisiens ?

Les trois projets diffèrent fortement par leur échelle, leurs partenariats internationaux et leur marché cible, comme le résume le tableau ci-dessous.

ProjetPorteursCapacité annoncéeMarché cible
Acwa PowerAcwa Power (Arabie saoudite)~200 000 t/an (2030), jusqu'à 600 000 t/an à termeExport Europe
H2 NotosTE H2 (TotalEnergies, EREN Groupe) + Verbund~200 000 t/an, extension possible à 1 Mt/anExport Europe (corridor SoutH2)
Gabès (pilote)État tunisien / GCT~220 t H₂ + 630 t ammoniac/anMarché intérieur (engrais)

6. Comment ces projets s’inscrivent-ils dans la stratégie énergétique tunisienne et européenne ?

Ces trois projets s’inscrivent dans la Stratégie Nationale de l’Hydrogène, élaborée par le ministère de l’Industrie et de l’Énergie avec l’appui de la coopération allemande GIZ, qui vise environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et dérivés d’ici 2050, dont près de 6 millions destinées à l’exportation (selon le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie).

Côté européen, cette stratégie d’exportation répond à la politique énergétique européenne définie par le plan REPowerEU, qui fixe un objectif d’importation de 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable d’ici 2030 (selon la Commission européenne). Le corridor SoutH2, porté notamment par l’italien Snam et soutenu politiquement par la Tunisie, l’Algérie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne depuis une déclaration signée à Rome en janvier 2025, doit relier ces infrastructures énergétiques tunisiennes au réseau européen.

7. Quels impacts économiques, sociaux et environnementaux sont attendus ?

Sur le plan économique, ces investissements dans l’hydrogène vert visent à attirer des investissements étrangers, dans un contexte où le déficit énergétique tunisien dépasserait 60 % selon Kapitalis. L’impact socio-économique attendu (emplois, transfert de compétences) reste peu chiffré à ce stade.

Sur le plan environnemental, les ressources hydriques limitées de la Tunisie posent une question centrale : l’électrolyse nécessite d’importants volumes d’eau, ce qui pousse les porteurs de projets vers le dessalement de l’eau de mer, une solution qui déplace le problème vers la consommation énergétique et la gestion des rejets. À Gabès, déjà marquée par la pollution industrielle, le projet ravive les inquiétudes sur les risques sanitaires et environnementaux locaux.

8. Quels défis techniques et critiques accompagnent ces projets ?

Les principaux challenges techniques concernent le stockage (compression ou liquéfaction de l’hydrogène, très énergivore), le transport sur de longues distances et le rendement global de la chaîne, souvent jugé limité par les experts du secteur. À cela s’ajoutent des financements complexes : aucun des grands projets n’a encore atteint sa décision finale d’investissement.

Ces projets suscitent aussi des critiques locales, notamment sur les conséquences sociopolitiques d’un modèle où la Tunisie fournirait de l’énergie brute à l’Europe sans en retirer une valeur ajoutée industrielle proportionnelle, une réserve exprimée notamment dans une tribune publiée par Kapitalis.

9. Quelles perspectives d’évolution pour les prochaines années ?

À court terme, l’essentiel des efforts porte sur les études de faisabilité et la recherche de financements, avec une mise en service des grandes infrastructures énergétiques en Tunisie envisagée pour le début de la prochaine décennie. Le développement régional autour de Gabès et du Sud tunisien devrait rester déterminant, ces zones concentrant à la fois le potentiel en énergies renouvelables et les principaux points de friction environnementaux.

La suite dépendra largement de la capacité des porteurs de projets à sécuriser des certifications environnementales crédibles et à adopter les meilleures pratiques durables réclamées par les partenaires européens et les acteurs locaux.

 

 

projets Acwa Power, H2 Notos et Gabès

Les principaux projets d’hydrogène vert en Tunisie

Le schéma ci-dessous présente trois projets majeurs liés au développement de l’hydrogène vert en Tunisie : le mégaprojet d’Acwa Power, orienté vers l’exportation avec une capacité pouvant atteindre 600 000 tonnes par an à terme, le projet H2 Notos porté par TE H2 et Verbund, qui vise une production annuelle comprise entre 200 000 et un million de tonnes, ainsi que l’unité pilote de Gabès, destinée à produire environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac par an.

FAQ 

Qui finance les projets d'hydrogène vert en Tunisie ?

Les projets Acwa Power et H2 Notos sont portés par des partenariats internationaux (Acwa Power, TotalEnergies, EREN Groupe, Verbund). Les montants exacts des investissements ne sont pas encore confirmés officiellement, les deux projets étant encore en phase d’études, sans décision finale d’investissement actée.

Quand les projets d'hydrogène vert seront-ils opérationnels en Tunisie ?

Aucune date de mise en service ferme n’est communiquée pour Acwa Power ou H2 Notos, ces projets étant encore à l’étude. Les grandes infrastructures d’exportation vers l’Europe ne devraient pas être opérationnelles avant le début de la prochaine décennie.

Quel est l'objectif de la Tunisie pour l'hydrogène vert en 2050 ?

La Stratégie Nationale de l’Hydrogène vise environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de dérivés d’ici 2050, dont environ 6 millions de tonnes destinées à l’exportation et le reste au marché intérieur, selon le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

Pourquoi Gabès est-elle concernée par un projet d'ammoniac vert ?

Gabès accueille une unité pilote adossée au Groupe Chimique Tunisien, en raison de ses infrastructures industrielles existantes. La région, déjà affectée par la pollution industrielle, suscite cependant des inquiétudes locales sur l’impact environnemental additionnel de ce nouveau projet.

L'hydrogène vert est-il une solution au déficit énergétique tunisien ?

Ces projets visent surtout l’exportation vers l’Europe, plus que la consommation locale. Leur contribution directe à la sécurité énergétique tunisienne reste donc limitée à court terme, à l’exception du volet local du projet de Gabès.

Sources et références

  • La Presse de Tunisie, « Hydrogène vert en Tunisie : que sait-on des trois projets destinés à l’Europe ? », 31 juillet 2026 — lapresse.tn
  • Kapitalis, « La Tunisie face à son déficit énergétique | L’hydrogène vert est-il la panacée ? », 2 août 2026 — kapitalis.com
  • Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie (Tunisie), Résumé de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert — energiemines.gov.tn
  • Commission européenne, stratégie hydrogène et plan REPowerEU — ec.europa.eu
  • SoutH2 Corridor, site officiel du projet — south2corridor.net

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